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Bâtiments illustres et lieux de mémoire

  • no 25 : Hôtel de la Païva : Cet hôtel particulier, l'un des derniers de l'avenue, a été construit entre 1856 et 1866 par l'architecte Pierre Manguin pour Esther Lachmann, marquise de Païva, dite La Païva (1818-1884), célèbre courtisane du Second Empire, sur un terrain laissé libre par la faillite de l'ancien Jardin d'hiver et acquis de Mme Grelet, née Lemaigre de Saint-Maurice. D'un luxe exceptionnel, l'hôtel, célèbre pour le faste de sa décoration intérieure, constitue l'un des meilleurs exemples conservés d'architecture privée du Second Empire. Après la mort de La Païva, l'hôtel fut vendu à un banquier de Berlin puis, en 1895, au restaurateur Pierre Cubat. Depuis 1904, il abrite un cercle privé, le Travellers. Il a récemment fait l'objet d'une restauration extensive.

  • no 36 : Hôtel de M. G. Béjot (en 1910). Subsiste mais très dénaturé.

  • no 37 (angle de larue Marbeuf) : Résidence de Béatrice Charlotte Antoinette Denis de Kérédern de Trobriand (1850-1941). Elle était la fille du comte Régis de Trobriand (1816-1897), aristocrate français naturalisé américain et général des armées de l'Union durant la Guerre de Sécession, et de Mary Jones, riche héritière, fille de Mary Mason Jones, grand-tante d'Edith Wharton. Tandis que son mari vivait à New York, la comtesse de Trobriand résidait la plupart du temps à Paris ainsi que sa fille qui épousa à Paris le 9 décembre 1869 John Burnett-Stears, fils du créateur de l’usine à gaz qui alimentait les réverbères de Brest à la fin du XIXe siècle. Ils possèdaient plusieurs propriétés en Bretagne dont le château de Ker Stears, grosse demeure bourgeoise construite par John Stears père et transformée ultérieurement, et le manoir de Leuhan sur la commune de Plabennec. John Burnett-Stears mourut à Brest le 16 janvier 1888 et sa veuve se remaria le 20 novembre 1900 à Paris avec le comte Olivier Marie-Joseph de Rodellec du Portzic, hobereau de campagne de vingt-cinq ans son cadet. Dans la soirée du 2 août 1906, après une réception au château de Ker Stears, on constata de la disparition d’une bague ornée d’un diamant d’une valeur de 50 000 francs or. Le bijou fut retrouvé vingt jours plus tard caché dans le flacon de dentifrice du diplomate attaché à l’ambassade de Russie qui avait participé à la fête. Faute de preuves, celui-ci fut laissé libre mais, en juillet 1907, le diplomate intenta un procès en diffamation aux époux de Rodellec du Portzic. Ce procès public occasionna un déballage de mauvais goût sur la vie privée des deux parties et causa un scandale mondain dans la presse. La comtesse vécut séparée de son époux après cette affaire. Cet épisode a inspiré à Maurice Leblanc le chapitre 2 intitulé « Le diamant bleu » de son roman Arsène Lupin contre Herlock Sholmès (1908)..

  • no 42 : Citroën C42.

  • no 63 : Abritait en 1910 l'Aéro-Club de France[31] qui se trouve aujourd'hui no 6, rue Galilée.

  • no 68 : Immeuble construit en 1913 par l'architecte Charles Mewès pour le parfumeur Guerlain. Décor intérieur.

  • no 76-78 : Arcades du Lido : L'immeuble élevé à cette adresse comporte au rez-de-chaussée une galerie marchande qui donne d'un côté sur les Champs-Élysées et de l'autre sur la rue de Ponthieu. Les Arcades des Champs-Élysées, « une kermesse permanente de commerces de luxe », furent construites en 1925 par l'architecte Charles Lefebvre et ses associés Marcel Julien et Louis Duhayon à l'emplacement de l'ancien hôtel Dufayel. La parcelle de terrain, étroite, entre l'avenue et la rue de Ponthieu, avait été acquise par le diamantaire et promoteur immobilier Léonard Rosenthal. Les Arcades furent inaugurées le 1er octobre 1926. Quelques colonnes en marbre, provenant de l'ancien hôtel Dufayel, sont utilisées dans la réalisation. La décoration de la galerie est l'œuvre du ferronnier René Gobert, des maîtres-verriers Fernand Jacopozzi et René Lalique, auteur de fontaines de verre, aujourd'hui disparues. Le sous-sol du passage abritait le Lido jusqu'en 1976. Inaugurés en 1928, il s'agissait à l'origine de salons de beauté avec une piscine mondaine. Ils avaient été conçus par l'architecte René Berger. Transformés en cabaret en 1946, ils furent à l'origine du nom actuel du passage, les Arcades du Lido.

  • no 91 (angle de la rue Quentin-Bauchart) : Immeuble où le journaliste et patron de presse Léon Bailby (1867-1954) installa dans les années 1930 les bureaux du quotidien Le Jour.

  • no 99bis : « Vers 1900, Mme Sorel n'avait eu encore que peu d'occasions d'opposer sa crânerie aux brocards de la ville. Les brocards dont elle commençait à se vêtir étaient ceux du répertoire de l'Odéon, où elle débutait, obscurément sinon modestement. Elle débutait un peu moins modestement dans le Tout-Paris, car elle avait déjà maison montée, au coin de l'avenue George-V, juste au-dessus de l'actuel Fouquet's. Un universitaire chevronné, Gustave Larroumet, venait ici lui donner des leçons particulières pour l'initier aux secrets des grands classiques. [...] quand elle s'était attardée en quelque maison de couture pour ses affaires d'atours, on pouvait apercevoir, sur le balcon de Mme Sorel, Gustave Larroumet, guettant le retour de son élève, impatient de reprendre la leçon interrompue. » L'immeuble abrite au rez-de-chaussée la célèbre brasserie Fouquet's et, dans les étages, l’Hôtel Fouquet's Barrière, inauguré en octobre 2006..

  • no 103 : Élysée-Palace : Hôtel de voyageurs construit en 1898 pour la Compagnie des wagons-lits par l'architecte Georges Chedanne. Ce fut le premier des grands hôtels de voyageurs édifiés sur les Champs-Élysées. Il fut bientôt suivi par l'hôtel Astoria (1904) et l'hôtel Claridge (1912). Auparavant, les palaces se trouvaient dans le quartier du Louvre et de l'Opéra. Le décor original a été détruit par le Crédit commercial de France, qui a acquis l'immeuble en 1919 pour y installer son siège social.

  • no 114 : Alberto Santos-Dumont (1873-1932), pionnier de l'aviation, a habité cet immeuble devant lequel il fit atterrir en 1903 son dirigeable no 9 (plaque commémorative).

  • no 119 :Hôtel Carlton : Construit en 1907 par l'architecte Pierre Humbert. Devenu en 1988 le siège de la Compagnie Air France.

  • no 120 :James Gordon Bennett junior (1841-1918), propriétaire du New York Herald et mécène de l'aérostation, habitait cet immeuble.

  • no 121 :Cet imposant immeuble haussmannien fut construit en 1907 par l'architecte Pierre Humbert.

  • no 122 : Le comte Henry de La Vaulx (1870-1930), pionnier de l'aviation, a habité à cette adresse de 1898 à 1909 (plaque commémorative).

  • no 124 (et no 2, rue Balzac) : Hôtel particulier construit peu avant 1858 pour Santiago Drake del Castillo, l'un des rares exemples conservés des hôtels qui bordaient l'avenue sous le Second Empire.

  • no 127 (et no 26 rue Vernet) : Cet immeuble fut construit par Pierre Humbert et abrite aujourd'hui le flagship Lancel.

  • no 136 (et no 1, rue Balzac) : Hôtel particulier de Mme C.B. de Beistegui (en 1910). Dénaturé par l'installation au rez-de-chaussée du showroom des automobiles Peugeot, il a conservé un riche décor dans les salons du premier étage.

  • no 138 :Hôtel de William Kissam Vanderbilt (1849-1920) : « il réunissait dans les salons du 138 une inestimable collection de tableaux et d'objets d'art, mais qu'il ne consentait à faire admirer qu'à certains privilégiés. »

  • no 144 :entrée du tunnel de l'Étoile, tunnel routier reliant l'avenue de la Grande-Armée en passant sous l'arc de triomphe de l'Étoile

  • no 152 (angle de la rue Arsène-Houssaye) : Dans cet immeuble, construit à l'emplacement de l'hôtel Musard, Mme de Loynes tint au début du XXe siècle, à l'entresol, un influent salon littéraire et politique dont le critique Jules Lemaître était le grand homme.

 

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